samedi 3 février 2018

La Malédiction de la 83ème minute (OM 1989-1990).

Y avez-vous déjà songé?

Lors de la saison 1989-1990, l'Olympique de Marseille, période Tapie, est engagé pour la première fois dans la "grande Coupe d'Europe" après son titre de champion de France 1988-1989.

Lors des quarts de finale, atteints après avoir successivement éliminé les Danois de Bronby puis les Grecs de l'AEK, l'OM rencontre le Sredets Sofia, c'est à dire le CSKA Sofia, équipe dont le fer de lance est un certain Hristo Stoitchkov, la tourelle de défense un certain Trifon Ivanov et l'ailier droit, un certain Kostadinov, Emil. Ambiance, même si ceux-là n'ont pas encore accomplis leurs méfaits et n'ont, apparemment, mais on se méfiera, pas grand chose à voir avec ce qui suit.

Match retour au Vélodrome après un victoire 1-0 à Sofia. L'OM domine copieusement la rencontre lorsque survient le drame : le gardien Gaëtan Huard et son propre défenseur, Eric Mura, se télescopent. La blessure est grave pour le gardien de but : fracture ouverte. L'accident se produit à la 83ème minute de jeu. Le bulgare Urukov en profite pour marquer l'unique but de son équipe sur l'ensemble des deux matchs.
Puis la star de l'équipe de l'OM, l'avant-centre Jean-Pierre Papin, renoue avec un poste qu'il occupait quand il jouait en... poussins, en remplaçant son coéquipier dans les... cages. Faisant par-là quelque peu oublier la tragédie que venait de vivre Huard quelques secondes auparavant, l'image est si sympathique.
Huard sera éloigné des terrains jusqu'à la fin de la saison, certes, mais également toute la saison suivante.

Voici un résumé du match en video (on peut y voir la malédiction de la 83ème minute frapper à 3:54) :


Et puis l'OM se retrouve en demi-finales. Face à Benfica.
Après ce qui reste considéré aujourd'hui comme une véritable démonstration au match aller avec une victoire écrasante 2 buts à 1... l'OM se rend au stade de la Luz, à Lisbonne, pour y valider, très certainement, son billet pour la finale de la Coupe d'Europe.
Le match est âpre mais l'OM tient remarquablement bien le choc, jusqu'à la...83ème minute, et un but de Vata, attaquant de Benfica, principalement cantonné au banc de touche cette saison-là après avoir été le meilleur buteur du championnat portugais de la saison précédente grâce, principalement d'après, à ses pieds. Sauf qu'ici c'est un but de la main, du bras ou de l'épaule qui élimine Marseille, privé ainsi de finale européenne. La fameuse "main de Vata". Qu'il restait à corréler au telescopage entre Huard et Mura . Une malédiction vous dis-je.



Il paraît que si Huard n'avait pas été blessé, l'OM, armé de plus de sérénité en défense, serait assurément passé pour s'en aller défier le Milan AC à Vienne. En effet, un journal portugais n'avait-il pas titré à l'aube du match retour : "Castaneda, on compte sur toi". Castaneda, le remplaçant d'Huard, pas rassurant (du tout) pour ses coéquipiers, déjà au match aller, ne fut en effet pas bien meilleur au match retour, où les joueurs portugais s'employèrent, comme au Vélodrome, à le tester sur des longs ballons ou sur corner, bien aidés, en plus de cela, par un vent fort à Lisbonne. Mais sans succès. Le Benfica devait bien sa place en finale grâce à un but marqué par l'un de ses propres joueurs. De la main. A la 83ème minute.

Alors? 2 moments tragiques qui interviennent au même moment d'un match, à la 83ème minute, avec la terrible blessure d'un gardien titulaire souvent brillant et sans remplaçant vraiment au niveau, puis un but de la main (tiens tiens, comme par hasard on reste dans le jeu à la main) qui prive une formidable équipe, époustouflante lors de la première manche, d'aller en finale de Coupe d'Europe. Ce n'est pas une malédication ça?

Je vous le demande. Je vous le demande à vous Gaëtan Huard?

 Et puis c'est quoi ces ch'veux?


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